La récente flambée des prix du carburant, exacerbée par les tensions au Moyen-Orient, met à mal les compagnies aériennes à bas coût. Des annulations de vols pour la saison printemps-été 2026 sont désormais actées.
Les transporteurs low cost, tels que Ryanair et Transavia, ressentent ce changement de manière plus aiguë que leurs concurrents, car ils opèrent avec des marges de profit plus réduites. En conséquence, plusieurs de leurs vols pour les mois à venir sont désormais compromis. L'analyste financier Dudley Shanley de la banque Goodbody a affirmé dans une interview à l'AFP : "Il n'est pas rare que les compagnies ajustent leurs horaires à cette période. Cependant, si les prix du kérosène ne fléchissent pas, des réductions supplémentaires s'imposeront," soulignant ainsi la fragilité du secteur.
Un consensus semble exister parmi les professionnels : tant que la guerre du Moyen-Orient entrave l'importation de ressources énergétiques essentielles, les liaisons les moins rentables, souvent celles des mois d'été, souffriront particulièrement. Dan Jørgensen, commissaire européen à l'Énergie, a averti sur SkyNews que les vacances de nombreux voyageurs pourraient être impactées, que ce soit par des annulations ou des hausses de tarifs considérables.
Pas besoin de courir plus vite que l'ours
Les ajustements au sein des compagnies varient en fonction des contrats de couverture qu'elles ont conclus pour leurs approvisionnements en carburant. Selon les spécialistes, les compagnies aériennes européennes tendent à y recourir plus systématiquement. Des acteurs mondiaux, comme Air Transat, spécialisée dans le tourisme, vient d'annoncer une réduction de 6% de son programme de vols pour la période allant de mai à octobre.
À l'international, Air Asia X a également annoncé des coupures sur certaines liaisons, sans toutefois préciser de chiffres. Jozsef Varadi, directeur général de Wizz Air, a déclaré : "Nous ne sommes pas en mode réduction de capacités, car je suis convaincu que d'autres compagnies vont le faire," citant une stratégie de gestion prudente face à ces incertitudes.
Une action marquante a été prise par le groupe Lufthansa, qui a récemment révélé la suppression de 20 000 vols d'ici fin octobre 2026, tout en liquidant sa filiale régionale CityLine.
Ryanair invoque une fiscalité défavorable
Du côté de Ryanair, la compagnie irlandaise n’a pas évoqué la hausse des coûts du kérosène, mais s'est plainte d'une "fiscalité inadaptée" en Allemagne qui a conduit à une réduction de son programme de vols depuis Berlin. Michel O'Leary, son PDG, a indiqué que, malgré un démarrage prometteur en 2026, les tensions géopolitiques avaient refroidi la demande de réservation. "Nos clients hésitent, inquiet des perspectives de pénuries de carburant," a-t-il ajouté. Ryanair prévoit également une diminution de 10 % de ses vols depuis Dublin cet été, citant des limitations de capacité à l'aéroport.
De son côté, Volotea a pris les devants dès le 1er avril 2026 en annonçant la suppression de près de 1 % de son programme de vols sur les six mois à venir. À noter que, selon plusieurs études, les compagnies low cost représentent environ un tiers du marché mondial.







