La récente législation allemande sur le service militaire impose aux jeunes hommes de communiquer à l'armée tout séjour à l'étranger excédant trois mois. Cette initiative, qui a fait l'objet de nombreux débats, a suscité des réactions mitigées au sein de la population, notamment à Berlin.
Divers avis se sont exprimés sur les réseaux sociaux tout au long du week-end à propos de cette nouvelle obligation. L'article 3 de la loi, qui doit entrer en vigueur en janvier prochain, stipule que tous les hommes âgés de 17 à 45 ans devront informer les autorités militaires de leur situation en cas d'absence prolongée à l'étranger, que ce soit pour des études, un voyage ou un travail.
Fabian, un Berlinois de 25 ans, a été surpris par cette mesure. "Je ne pensais pas devoir obtenir une autorisation pour quitter le pays", a-t-il déclaré. "Cela me semble très autoritaire, surtout en Allemagne où le patriotisme n'est pas particulièrement fort. C'est une mesure qui rappelle des périodes sombres de l'histoire comme la Seconde Guerre mondiale et le mur de Berlin."
Bien que le service militaire soit resté volontaire en Allemagne depuis 2011, les hommes de 18 ans doivent désormais remplir un questionnaire sur leur intérêt pour la carrière militaire. Le pays vise à accroître ses effectifs, tant dans l'armée régulière que dans la réserve, dans le cadre de ses engagements envers l'OTAN.
Une réaction politique passionnée
Cette disposition a également provoqué une onde de choc au sein de la classe politique. Sahra Wagenknecht, une figure de la gauche radicale, a exprimé son indignation, appelant à la démission du ministre de la Défense, Boris Pistorius. "Cette nécessité d'obtenir une autorisation pour voyager à l'étranger rappelle des pratiques de la RDA," a-t-elle déclaré à l'AFP, ajoutant que cela n'avait rien à voir avec la démocratie.
D'autres, comme Christian, 36 ans, adoptent un point de vue différent. "La guerre se rapproche et nous devons garantir que des personnes soient disponibles si une mobilisation est nécessaire," souligne-t-il, exprimant son ouverture à rejoindre les forces armées en période de crise.
Suite à cette polémique, un porte-parole du ministère de la Défense a tenté d'apaiser les inquiétudes, déclarant que les autorisations de voyage seraient en principe accordées sauf en cas d'urgence nationale, une position qui devrait, espérons-le, rassurer les jeunes générations.







