La Cour de Cassation a tranché, le procès en appel de Frédéric Péchier, ex-anesthésiste condamné à la réclusion criminelle à perpétuité pour avoir empoisonné 30 personnes, se tiendra à Lyon. Cette décision ne ravira sans doute pas les près de 200 parties civiles impliquées dans cette affaire, qui espéraient qu'elle soit jugée à Besançon, où les événements se sont déroulés.
Malgré une demande de dérogation, la Cour d'Appel de Besançon n’a pas réussi à obtenir le transfert du procès dans la ville d'origine. Les avocats de Frédéric Péchier, dont Me Randall Schwerdorffer, avaient argumenté qu'un procès local ne garantirait pas l'équité, invoquant la forte médiatisation de l'affaire et les tensions locales. Selon lui, "Il ne peut y avoir de procès équitable à Besançon", a-t-il affirmé à l’AFP.
Ce transfert à Lyon semble satisfaire la défense, qui a toujours espéré une telle issue. En effet, le procès en appel doit être organisé dans l'année suivant le verdict, ce qui dans le cas de Péchier, qui est en détention depuis le 18 décembre 2025, pourrait donner lieu à un début d’audience avant la fin de l’année 2026.
Lors de son premier procès, Péchier a été reconnu coupable d’avoir, entre 2008 et 2017, intentionnellement causé la souffrance de malades dans des établissements de santé, dont la Clinique Saint-Vincent. Le verdict a été un choc, non seulement pour les victimes, mais aussi pour le milieu médical, qui s'est révélé trop souvent démuni face aux comportements criminels de certains de ses membres.
Selon les estimations, le procès en appel pourrait impliquer environ 150 témoins et près de 50 avocats, un volume de travail conséquent qui était l’un des facteurs évoqués pour justifier la demande de réexamen à Besançon. La ville, bien que proche de l’événement, peut sembler maintenant inadaptée pour gérer un tel procès, tant en termes logistiques que psychologiques.
La prochaine étape pour le Dr Péchier est donc le procès à Lyon, un évènement qui, a fortiori, promet d'être suivi de près, tant par les médias que par le public, et qui pourrait influencer les mentalités sur la responsabilité professionnelle au sein du secteur médical.







