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Dans le monde numérique, Raphaël Graven, connu sous le nom de "Jean Pormanove", a vécu une ascension fulgurante suivie d'une chute tragique, illustrant les dérives inquiétantes du streaming.
Décédé à 46 ans, Raphaël, avec 190 000 abonnés sur Kick et 600 000 sur TikTok, avait conquis le cœur de nombreux internautes. Sa mort en direct a marqué les esprits, dépassant les frontières du web pour devenir un phénomène médiatique.
Né à Woippy en 1979, au sein d'une fratrie de six enfants, Raphaël a grandi dans un milieu populaire à Metz. À 16 ans, il découvre les jeux vidéo, mais un CAP manqué l'oriente vers une carrière militaire à 19 ans. Après une décennie dans l'armée, ses rêves de stabilité s'effondrent. Comme l'évoque un ancien camarade dans l'émission Sept à huit sur TF1, il était perçu comme quelqu'un de "vulnérable et influençable".
Du rêve de streamer à la spirale de la violence
Tout bascule en 2020. Pendant le confinement, il se lance dans le streaming, adoptant le pseudonyme de Jean Pormanove, une passion qu'il avait toujours rêvé de réaliser. Sur Twitch, il partage ses parties de Fortnite, son franc-parler et ses réactions énergiques attirant immédiatement un large public.
Rapidement repéré, il rejoint en 2022 Lokal TV, un collectif de créateurs de contenu. Si les premières vidéos sont ludiques et amusantes, elles prennent vite une tournure plus inquiétante. Ce qui était censé être du divertissement se transforme en humiliation systématique, le laissant de plus en plus à la merci de blagues cruelles et de violences, amplifiées par des milliers de spectateurs.
La streameuse "JustFoxyy", qui l'a soutenu, a souligné à Le Monde que ses confidences reflétaient une spirale d'angoisse dont il n'arrivait pas à s'échapper.
Le 18 août 2025, alors qu'il participait à un direct de 12 jours consécutifs avec d'autres membres de Lokal TV, Raphaël Graven perd tragiquement la vie. Cette tragédie fait l'effet d'une bombe dans le milieu du streaming, suscitant des débats enflammés sur les violences subies par les streamers. Une ancienne camarade de l'armée a exprimé au Parisien son indignation, déclarant qu'il avait été manipulé, maltraité et finalement séquestré par son entourage.







