Cinq hommes et une femme ont été déclarés coupables du vol d'ouvrages précieux d'auteurs russes dans des bibliothèques emblématiques de Paris et Lyon en 2023.
Six citoyens géorgiens ont été jugés à Paris, recevant des peines variant de 18 mois avec sursis à seven années de prison ferme pour avoir dérobé des livres d'auteurs russes notoires, dont Alexandre Pouchkine. Les verdicts ont été prononcés dans la nuit du 12 au 13 juin. Les accusés, qui sont à la fois des hommes et une femme, ont été reconnus coupables d'association de malfaiteurs et de vol de biens culturels exposés.
Parmi les prévenus, Mikheil Z. et Beqa T. ont déjà été condamnés dans d'autres pays européens pour des infractions similaires. Mikheil Z., âgé de 50 ans, a reçu la peine la plus lourde : sept ans d'emprisonnement avec maintien en détention, accompagné d'une interdiction permanente d'entrée en France après sa libération.
Un véritable vol de trésor
Deux autres complices, jugés absents, purgent actuellement des peines de cinq ans en Géorgie, qui ne procède pas à leurs extraditions. Le tribunal correctionnel de Paris leur a infligé une peine à distance de six ans de prison.
Le procureur a décrit l’opération comme un “vol massif et organisé”, soulignant la planification minutieuse qui a eu lieu dans des lieux prestigieux tels que la bibliothèque Diderot de Lyon et la Bibliothèque nationale de France. Au total, des publications, dont six éditions de Pouchkine, ont disparu pour un préjudice évalué à environ 770 000 euros.
Fragment de l'identité nationale
Le procureur a également fait état de l'importance culturelle des œuvres de Pouchkine, les qualifiant de « reliques nationales » et a évoqué l'existence d'un réseau international impliquant des criminels sous surveillance dans plusieurs pays. Cette opération illustre la menace croissante pour le patrimoine littéraire en Europe, touchant même d'autres pays comme la Pologne et l'Allemagne.
Face à cette tendance, Europol et Eurojust ont engagé des efforts communs, permettant l’arrestation de différents protagonistes en avril 2024, renforçant la lutte contre ce phénomène transnational.
Le procureur a soulevé une question intrigante : s'agit-il uniquement d'une quête lucrative ou y a-t-il une dimension politique plus vaste derrière ces actes ? Les implications restent brouillées, laissant planer un doute sur les véritables motivations des prévenus.







