Guillaume B. a été reconnu coupable de plusieurs actes de violence, dont des viols et des tortures, commis sur son ex-compagne Laëtitia R. entre 2015 et 2020. Lors de l'annonce du verdict, l'accusé avait déclaré : « Je ne pensais pas faire mal ». La cour a prononcé une peine de 25 ans de réclusion criminelle, assortie d'une période de sûreté des deux tiers, après un procès mené devant la cour d’assises des Alpes-de-Haute-Provence.
Âgé de 51 ans, ancien directeur d’agence bancaire, Guillaume B. soutenait que les abus étaient consensuels et qu’il s’agissait d'une relation sadomasochiste. Cependant, suite aux témoignages accablants de Laëtitia et des preuves tangibles de sévices, le ministère public avait requis la réclusion criminelle à perpétuité, arguant du caractère insupportable des actes subis.
Avant le verdict, l'accusé, en larmes, a exprimé des regrets tout en niant être l'« être monstrueux » décrit par l'accusation. Selon son avocat, Me Arnaud Lucien, la question du consentement était centrale, tout en avançant que la peine envisagée était excessive, réservée à des crimes d’un autre ordre.
Un procès révélateur et symptomatique
Les débats, qui se sont tenus pendant une semaine à Digne-les-Bains, ont révélé l’ampleur des violences infligées à Laëtitia, comprenant coups, tatouages dégradants et abus sexuels imposés. L'accusé a reconnu certains actes, mais la défense a maintenu que des messages échangés entre le couple prouvaient une forme de consentement.
Me Charlotte Barriol, avocate de la défense, a mentionné la difficulté de saisir l'attrait pour de telles pratiques, mais a défendu la position de son client, en insistant sur l’importance de l’évaluation consentie de leur relation. Dans le box des accusés, Guillaume B. a décrit le procès comme un « moment de prise de conscience ».
L’impact médiatique de l’affaire a également été abordé, les avocats de la défense avançant que des déclarations antérieures de Laëtitia avaient influencé l'opinion publique, tenante à une instrumentalisation de la narration médiatique. L’avocate générale, Malinka Eymond, a mis en garde sur le « risque de récidive », soulignant que la décision du jury devait envoyer un message fort à la société sur l'intolérance aux violences faites aux femmes.
Devant le tribunal, des membres d’un collectif féministe, présents tout au long du procès pour témoigner leur soutien à Laëtitia, ont exprimé leur souhait de voir un verdict qui réaffirme la détermination de la justice face à de telles atrocités, a rapporté Le Parisien.







