Le tribunal de commerce de Lyon a auditionné son président, Philippe Rivière, ce mercredi. En tentant de sauver son groupe en difficulté, déclaré en cessation de paiement, il fait face à de nombreuses accusations, notamment des achats extravagants, et une gestion jugée calamiteuse. Depuis sa création en 2019, ACI, qui englobe une trentaine de PME, souffre déjà de la liquidation de sept entreprises, alors que d'autres attendent leur sort.
Parmi celles-ci, la société Enerflux, spécialisée dans les pompes hydroélectriques et acquise par ACI en avril 2024, se retrouve sans offre de reprise, dénonçant une "gestion destructrice" de son dirigeant. Les syndicats évoquent une perte de 20 millions d'euros, somme qui aurait disparu des réserves de l'entreprise.
Un rapport commandé par les actionnaires minoritaires de ACI
Des témoignages d’anciens dirigeants d'entreprises rachetées par ACI laissent penser à des pratiques douteuses. Un rapport du cabinet Finasens, commandé par des actionnaires minoritaires, a révélé des virements significatifs entre ACI et la société personnelle de Philippe Rivière, totalisant 3,7 millions d'euros sur un an. Une partie de cette somme aurait été imputée de façon suspecte à Enerflux, sans aucune justification apparente.
Les rapports de Finasens ont aussi mis en lumière des factures étranges, certaines relatives à des services jamais rendus. Un entrepreneur a témoigné que son entreprise a payé des dizaines de milliers d’euros pour un prétendu travail de peinture qui ne lui était pas destiné, évoquant une double infraction fiscale.
Des facturations douteuses et des voyages de luxe
Les mêmes sources ont révélé des dépenses extravagantes incluant des voyages en jet privé et des séjours à Singapour, s'élevant à 47.000 euros, tous facturés à ACI alors que le groupe n’opérait pas dans ces régions. Les justificatifs manquent pour de nombreux frais engagés durant cette période critique.
"Il ne s'agit que d'une mauvaise interprétation des factures", a défendu Philippe Rivière.
Une flotte de voitures de luxe
Le rapport souligne également l'achat par ACI d'une flotte automobile évaluée à plus d'un million d'euros, comprenant plusieurs voitures de marques prestigieuses comme Porsche, Mercedes, ainsi qu'une moto Aston Martin non homologuée. Selon un article publié par L'Informé, les enquêtes sur des abus de biens sociaux pourraient également se renforcer dans les jours à venir.
En attendant l’audience, Philippe Rivière reste confiant : "Je viens avec un projet solide pour l’avenir d’ACI, et je suis soutenu par de nombreux actionnaires." Cependant, Patrice Rives, son associé, a pris l’initiative de demander la procédure de redressement judiciaire, soulevant des doutes sur l’avenir de l’entreprise.







