Le gouvernement de Taïwan a annoncé, ce lundi, qu'il allait modifier ses plans maritimes pour importer du pétrole brut en provenance des ports saoudiens situés sur la mer Rouge. Cette décision stratégique vise à contourner les pertubations engendrées par le récent conflit au Moyen-Orient, particulièrement dans le détroit d'Ormuz.
"Nous avons travaillé sur l'ajustement des itinéraires maritimes pour que nos cargaisons puissent transiter par la mer Rouge, tout en considérant des achats au comptant pour couvrir les besoins", a déclaré Tsou Yu-hsin, directeur général adjoint de l'Administration du développement industriel au ministère des Affaires économiques, rapporté par Le Monde.
Environ 46% des volumes sont désormais gérés par le réacheminement via la mer Rouge, tandis que 54% proviennent d'achats immédiats, selon Tsou, qui a souligné les impacts significatifs du conflit sur l'approvisionnement en pétrole.
"Grâce à ces mesures, notre réserve stratégique de sécurité dépasse actuellement les 140 jours," a-t-il affirmé.
Avec une dépendance accrue pour ses importations énergétiques, Taïwan se trouve dans une position délicate. En 2025, l'archipel s'appuyait sur des importations en provenance du Moyen-Orient pour près de 70% de son pétrole, dont 29% provenaient d'Arabie saoudite. D'autres pays fournisseurs incluent les Émirats, le Qatar et l'Irak, alors que les États-Unis composaient un peu plus de 28% de ces importations.
La Corée du Sud suit la tendance en optant pour la mer Rouge
Taïwan n'est pas la seule nation à envisager cette alternative. En effet, la Corée du Sud prévoit d'expédier cinq navires vers le port de Yanbu, en Arabie saoudite. Ce mouvement permet d'éviter le détroit d'Ormuz, essentiel pour sa propre économie.
Ahn Do-Geol, membre du parlement sud-coréen, a précisé que l'organisation d'une flotte de navires en direction de Yanbu est en cours, renforçant ainsi cette route maritime alternative. Parallèlement, des délégations spéciales seront envoyées en Arabie Saoudite, à Oman et en Algérie pour sécuriser des ressources supplémentaires.
Dans un contexte préoccupant, le gouvernement sud-coréen a annoncé un budget additionnel de 17,2 milliards de dollars pour atténuer les impacts économiques du conflit, estimant que la nation se trouve de facto en situation de crise.







