À l'Alpe d'Huez, une lutte pour la protection de l'environnement s'intensifie alors que deux associations, Mountain Wilderness et France Nature Environnement Isère, ont décidé d'agir en justice contre une entreprise de motoneige. Ces dernières affirment que les randonnées proposées par cette société se déroulent en dehors des zones autorisées, enfreignant la législation en vigueur. Une audience est programmée pour le 20 avril prochain au parquet de Grenoble.
Les plaintes déposées visent notamment l'"utilisation de motoneige à des fins de loisirs en dehors de terrains dédiés à la pratique de sport motorisé". Selon Vincent Neirinck, conseiller au sein de Mountain Wilderness, la loi Lalonde de 1991, intégrée dans le code de l'environnement, interdit strictement l'usage de telles machines, sauf sur des terrains clairement délimités par des autorités locales.
La société mise en cause, qui n'a pas souhaité répondre aux journalistes d'ICI Isère, insiste sur son site internet qu'elle exerce ses activités dans un espace dédié spécifiquement à la motoneige. Cependant, les associations contestent cette affirmation et soulignent que la publicité faite pour ces randonnées est illégale, comme l'indique Elodia Bonel, juriste chez France Nature Environnement.
Un danger pour la faune alpine
Les impacts environnementaux de la motoneige en montagne sont alarmants. Les associations mettent en avant les conséquences néfastes sur la faune sauvage. Le tétras lyre, par exemple, souffre des passages fréquents des motoneiges, perturbant son habitat et son repos essentiel durant l'hiver. Vincent Neirinck insiste : "Les espèces ont besoin de tranquillité pour se nourrir et se reposer". Il ajoute que l'introduction de bruits mécaniques dans ces espaces naturels fragiles est un affront à la tranquillité des montagnes, qui devraient rester des sanctuaires de silence.
Une condamnation récente à Chamrousse
Cette n'est pas la première fois que ces associations se battent contre les activités illégales de motoneige. En 2023, elles avaient déjà porté plainte contre un opérateur à Chamrousse, qui avait été reconnu coupable et condamné à une amende. Elles espèrent obtenir un jugement similaire à l'Alpe d'Huez. Vincent Neirinck note : "Les entreprises trouvent souvent des moyens de contourner la loi, et il existe parfois des collusions entre certaines municipalités et exploitants qui privilégient le profit à la protection environnementale".
Du côté de la mairie de l'Alpe d'Huez, le maire Jean-Yves Noyrey défend la légalité des opérations de la société de motoneige déclarant qu'elles sont très appréciées par les visiteurs. Le débat autour de ces activités soulève des questions cruciales concernant l'équilibre entre le développement économique et la préservation de la nature dans cette station de ski célèbre.







