Ce mercredi 25 mars, les avocats de Nicolas Zepeda ont plaidé l'acquittement de leur client, accusé d'avoir tué Narumi Kurozaki, une étudiante japonaise disparue à Besançon en 2016. L'avocat général a requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle.
"Oui, vous acquitterez Nicolas Zepeda", a affirmé Maître Robin Binsard, qui a pris la parole devant la cour d'appel du Rhône à Lyon. Ce septième jour de procès était consacré aux plaidoiries de la défense, où l'absence de preuves certaines a été longuement discutée.
Attaques de l'enquête et apologie du doute
Maître Binsard a insisté sur le fait qu'"il n'y a aucune certitude dans ce dossier", cherchant à semer le doute dans l'esprit des jurés quant à la culpabilité de son client. Il a critiqué le travail de l'enquête, en déclarant : "On a fait l'économie d'actes d'enquête indispensables à la manifestation de la vérité", ajoutant que cela laissait planer un "point d'interrogation au-dessus de cette salle d'audience".
Au cours de sa plaidoirie, l'atmosphère s'est alourdie dans la salle. À plusieurs reprises, il a déclaré : "Ça ne tient pas la route", en démontrant des lacunes dans l'évaluation des preuves numériques. Sa maîtrise des aspects techniques a contrasta avec l'approche plus classique de l'avocat général.
Maître Binsard a terminé en déclarant : "La justice n’est jamais aussi belle que quand elle dit : ‘je ne sais pas’".
D'Outreau, Machin, Dils : le spectre des erreurs judiciaires
Son confrère, Maître Sylvain Cormier, a également évoqué des erreurs judiciaires passées, soulignant que "ceci pourrait arriver à nouveau". Il a mentionné l'enquête bâclée et a insisté sur la quête désespérée de la vérité, tout en ajoutant que "si on ne trouve pas, c’est que la piste est mauvaise".
Les avocats ont encore souligné des erreurs judiciaires célèbres, comme celles d'Outreau, en rappelant que "dans un an, dans dix ans, vous entendrez parler de Zepeda, vous entendrez une petite voix : ‘et si je m'étais trompé ?’".
Ces plaidoiries ont-elles convaincu les jurés ? Ils entameront leurs délibérations le jeudi 26 mars, après avoir entendu les derniers mots de Nicolas Zepeda.







