La cour criminelle de Paris a prononcé, le 25 mars, une peine de 18 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Tariq Ramadan, judiciarisé par défaut au sujet de violations graves commises entre 2009 et 2016. Il a été reconnu coupable de viols et d’agressions sur des personnes vulnérables. La présidente de la cour, Corinne Goetzmann, a spécifiquement souligné : « Consentir à la sexualité n’est pas consenti à tout acte sexuel quel qu’il soit ». Cette déclaration marque l'importance de la notion de consentement dans tous les contextes.
Les accusations portent sur trois cas distincts : un viol aggravé à Lyon en 2009, un autre à Paris en 2012 sur Henda Ayari, une ex-salafiste devenue militante laïque, et un dernier en 2016. Henda Ayari, qui a révélé son histoire en 2017, a été considérée comme une figure clé ayant déclenché le mouvement contre des crimes similaires, selon Le Monde.
Lors de des audiences, bien qu'il n'ait pas été présent, ses avocats ont prétendu qu'il avait été hospitalisé en raison d’une aggravation de sa sclérose en plaques. Cependant, une expertise médicale a contesté cette affirmation, concluant qu'il était apte à comparaître. En réponse à la demande d'un report, la cour a statué en faveur d’un jugement par défaut, car elle souhaitait résoudre rapidement cette affaire qui a captivé l'opinion publique.
Peu après le verdict, il a été décidé que Ramadan ne pourrait pas entrer en contact avec les victimes pendant huit ans et se voit interdire d'écrire ou de parler publiquement de cette affaire. En outre, il sera exilé du territoire français à la fin de sa peine. Ce jugement soulève de nombreuses questions sur les enjeux éthiques et sociétaux autour des violences faites aux femmes, contribuant à un dialogue plus large sur la nécessité d'une meilleure protection des victimes.
De nombreux experts juridiques, dont le sociologue Olivier Roy, ont commenté l'importance de ce jugement : « C'est un signal fort contre l'impunité des personnalités publiques, qui doit encourager d'autres victimes à se manifester ». Le débat sur la place de l'islam dans la France contemporaine s'intensifie également, à la lumière de cette affaire, qui incarne des tensions entre liberté d'expression et responsabilité sociale.







