Me Émile Tribalat, avocat de la propriétaire de « La Manufacture royale – 1706 », située à Montauban, s’appuie sur un rapport du groupe Socotec. Ce document indique qu’en cas d’incendie, le délai d’évacuation pour les personnes à mobilité réduite pourrait être inférieur à 10 minutes.
« J’ai toujours veillé à la sécurité de mes clients. Avant même d’être contrôlée, j’ai sollicité l’aide de la mairie. Aujourd’hui, nous en sommes à des extrêmes ! Lorsque l’on m’a parlé de Crans-Montana, j’ai presque eu l’impression d’être vue comme une meurtrière », regrette Isabelle Babazzi, propriétaire du bar.
Dans le rapport de Socotec daté du 4 mars 2026, on retrouve la plupart des recommandations de la commission communale. « Il manque une issue de 0,90 mètre pour un effectif de 200 personnes », peut-on lire. Cependant, l’expert souligne que la structure du bâtiment garantit une stabilité et un degré de résistance au feu bien au-delà de deux heures, assurant ainsi que les structures ne s’effondrent pas durant l’évacuation. Actuellement, avec une entrée principale de 1,70 m de large, la capacité est limitée à 50 personnes par salle.
À Toulouse, Me Émile Tribalat dénonce une forme d’hypocrisie de la part des autorités. « Signer un arrêté de réouverture pour 19 personnes est ridicule. Lors de l’inauguration en septembre dernier, la salle était pleine, et cela n’a dérangé personne. De plus, accueillir 300 personnes à l’invitation de la mairie ne pose aucun problème. Le groupe Socotec, très reconnu, a affirmé qu’il n’y avait pas de danger incendie spécifique. Ce qui me dérange, c’est le procédé. Lors de la visite surprise du 29 janvier 2026, on nous a parlé de danger grave et imminent. Habituellement, cela entraîne une fermeture immédiate de l’établissement, mais ici, il a fallu attendre jusqu’au 17 février pour recevoir l’arrêté municipal de fermeture », indique l’avocat, en soulignant des contradictions dans les justifications apportées.
Aucune mousse inflammable
« On évoque des caves, mais elles sont accessibles de plain-pied et donnent sur une petite rue étroite, recouverte juste derrière le taco que ma cliente a géré. Les raisons invoquées pour cette fermeture sont fallacieuses », déclare Me Émile Tribalat. Pour lui, comparer cette situation à celle de « Le Constellation » à Crans-Montana, en Suisse, est « absurde ». « Nous ne sommes pas dans un sous-sol, ce n’est pas une boîte de nuit, et il n’y a aucune mousse inflammable, seulement des briques ! » s’insurge-t-il. Isabelle Babazzi dispose d’un lieu exceptionnel où elle organise des événements culturels, contribuant ainsi au dynamisme de Montauban, mais se sent, selon l’avocat, étouffée par ces mesures. « Même la chronologie est étonnante : elle a reçu une subvention alors que rien n’était aux normes ? »
Contactée, la mairie n’a pas répondu aux sollicitations.







