Le personnel du tribunal de Paris, plus haute juridiction du pays, a fortement critiqué, mardi 16 juin, «l'aveuglement persistant du ministère de la Justice» face à une dégradation évidente de l'efficacité judiciaire et des protections de l'enfance. Dans une motion, rendue publique par l'AFP, ils condamnent la précipitation avec laquelle les acteurs judiciaires sont mis en cause, avant même la fin des investigations administratives, ce qui viole les «principes de prudence, d'impartialité et de respect du contradictoire».
En effet, les juges et greffiers se sont réunis en assemblée générale extraordinaire pour exprimer leur «profonde émotion» suite à la tragédie ayant touché la petite Lyhanna, 11 ans. Ils soulignent que les commentaires du ministre, Gérald Darmanin, appelant à une «mobilisation générale» des magistrats à la suite de la mort de la collégienne sont inappropriés et précoces. En effet, un rapport de juin 2023 avait déjà insisté sur la nécessité d'une augmentation des effectifs judiciaires de 10%. Pourtant, cette recommandation est restée sans impact.
Les chiffres sont tout aussi alarmants : en 2025, la section des mineurs du parquet de Paris a traité près de 9464 nouvelles affaires pénales, avec 65% d'entre elles gérées en urgence. Les services rapportent aussi une hausse des appels d'urgence en hausse de 16% par rapport à 2024. En réponse aux critiques, Darmanin a récemment envoyé une lettre manuscrite à environ 10.000 magistrats pour rappeler son «attachement viscéral à l'indépendance de la magistrature», liant toutefois cette indépendance à un sens de responsabilité.
Les professionnels du droit plaident maintenant pour un examen approfondi des «responsabilités individuelles et des causes structurelles» du malaise actuel. La situation actuelle appelle à une réflexion sérieuse sur les conditions de travail des magistrats, indispensable pour garantir la justice en France.







