A la veille du G7 qui se tiendra à Evian, Genève se prépare à accueillir des milliers de manifestants ce dimanche, sous la surveillance rapprochée des forces de l'ordre. Plus de deux décennies après les événements marquants du G8 de 2003, le climat reste chargé d'anticipation.
La coalition "No-G7", qui fédère des associations, des syndicats et des partis de gauche, a choisi cette date marquante pour une grève féministe, afin de dénoncer les politiques du G7 tout en appelant à une riposte internationaliste contre les inégalités économiques et les violences sexistes.
Le sommet qui se déroulera de lundi à mercredi rassemblera les leaders des États-Unis, du Royaume-Uni, du Canada, de l'Allemagne, de l'Italie, du Japon et de la France, cette dernière étant l'hôte de l'événement. Emmanuel Macron a également convié les dirigeants de pays émergents tels que le Brésil, la Corée du Sud, l'Inde et le Kenya, soulignant ainsi l'importance d'une approche inclusive face aux déséquilibres économiques globaux.
Les autorités suisses prévoient un important dispositif de sécurité, faisant suite aux violentes émeutes de 2003, où Genève et Lausanne avaient connu des pillages et des affrontements ayant causé des dommages considérables.
Aujourd'hui, des commerçants genevois protègent leurs vitrines, témoignant d'une mémoire toujours vive. Des mesures de sécurité exceptionnelles ont été mises en place, y compris des tentes de secours devant les Hôpitaux universitaires de Genève pour anticiper d'éventuels blessés.
Alice Lefrançois, porte-parole de la coalition, invite à une manifestation pacifique, précisant qu'il sera mis en place un service d'ordre pour garantir la sécurité des participants. "Nous visons à créer un moment convivial et respectueux, loin des tensions des années passées", a-t-elle déclaré.
Bien que des militants français aient renoncé à organiser une manifestation à Annemasse, la Suisse accueillera un contre-sommet dans plusieurs bâtiments associatifs, soulignant un désir de dialogue et d'échange d'idées dans ce contexte tendu.
Selon Carole-Anne Kast, ministre genevoise de la Sécurité, "Les conditions posées par les autorités françaises pour un contre-sommet n’ont pas permis une mobilisation plus large". De leur côté, les autorités suisses mobilisent jusqu'à 4 000 militaires pour soutenir les polices lors de ces événements, tandis que la France déploie près de 16 000 agents de sécurité autour de la ville thermale.
Alors que le sommet approche, les attentes et les préoccupations grandissent au sein de la population, illustrant une dynamique de mobilisation qui pourrait marquer ce G7 d’une empreinte indélébile.







