L'igname sauvage (Dioscorea villosa) fait partie de la famille des Dioscoréacées. Ce genre inclut au moins 150 espèces présentes principalement dans les régions tropicales et subtropicales. Parmi elles, l'igname chinois est particulièrement renommé en raison de son utilisation dans la gastronomie française. L'igname sauvage est, quant à elle, la seule espèce reconnue pour ses usages médicinaux, inscrite dans la pharmacopée française sous forme de remède homéopathique.
Le yam, un atout anti-inflammatoire et antispasmodique
Dioscorea villosa, également connu sous des noms variés tels que yam ou igname chevelu, est une plante grimpante originaire des États-Unis et du Mexique, atteignant jusqu'à 6 mètres de hauteur. Ses tiges minces et volubiles présentent de grandes feuilles cordiformes, qui portent des bulbilles à leur aisselle.
Les fleurs, qui peuvent être mâles ou femelles, sont regroupées en grappes ou en épis. Les fruits, sous forme de capsules ailées, mûrissent et se fendent pour libérer leurs graines. Les tubercules, d'environ 8 cm de long et 1 cm de large, sont recouverts d'une peau grisâtre et contiennent des hétérosides stéroïdiques, en particulier la dioscine. Ce composé est à l'origine de la diosgénine, synthétisée pour la première fois par le chimiste américain Russel Marker dans les années 1940, permettant ainsi de révolutionner le développement des hormones stéroïdiennes.
Les vertus médicinales reconnues du yam
Les tubercules d'igname sauvage sont renommés pour leurs propriétés anti-inflammatoires et antispasmodiques. Utilisés depuis l'Antiquité par les Mayas et Aztèques, ils aident à soulager les douleurs menstruelles. Les effets anti-inflammatoires du yam s'étendent également aux douleurs liées aux rhumatismes, aux tensions musculaires, ainsi qu'aux inflammations articulaires. En termes de santé reproductive, l'igname sauvage agit comme un stimulant hormonal :
- Elle favorise l'augmentation des hormones surrénaliennes (cortisol, DHEA) et sexuelles (progestérone, estradiol).
- Elle aide à réguler les troubles du cycle menstruel, telles que les douleurs menstruelles et les symptômes de ménopause.
Bien que des effets bénéfiques sur les taux d'hormones soient observés après plusieurs semaines d'utilisation, l'appellation "DHEA végétale" est à manier avec précaution.
L'igname sauvage est disponible en pharmacies, herboristeries et magasins spécialisés, et peut être consommée sous différentes formes :
- En décoction : 1 cuillère à café de tubercule séché pour 25 cl d'eau (à faire bouillir 5 minutes et à laisser infuser 10 minutes).
- En poudre : 1 cuillère à café rase par jour dans un verre d'eau.
- En teinture mère : 25 gouttes trois fois par jour.
- En gélules ou extraits, selon les recommandations du pharmacien.
- En homéopathie : granules à prendre selon les conseils de votre spécialiste.
Autres espèces de Dioscorea et précautions d’utilisation
L'igname sauvage n'est pas la seule espèce du genre Dioscorea présentant des vertus thérapeutiques. Par exemple, Dioscorea opposita est appréciée en médecine traditionnelle chinoise pour ses effets toniques et digestifs. D'autres espèces, telles que Dioscorea floribunda, contiennent également de la diosgénine.
Il est essentiel d'être conscient que certaines espèces de Dioscorea peuvent être toxiques. Avant toute utilisation, il est recommandé de consulter un professionnel de santé, particulièrement pour les femmes enceintes, les personnes souffrant de maladies chroniques ou prenant des médicaments, afin d'éviter les effets indésirables.
(crédit photo 1 : Doug McGrady - CC BY 2.0)







