Une expérimentation qui commence dans quatre régions pilotes
Depuis le 1er mai 2025, la consigne pour réemploi est instaurée dans les régions de Bretagne, Normandie, Hauts-de-France, et Pays de la Loire. Ces régions ont été sélectionnées pour leur efficacité en matière de tri et leur engagement environnemental, selon Citeo, l’éco-organisme responsable de cette initiative. Cette phase expérimentale durera un an et pourrait ouvrir la voie à une mise en œuvre nationale.
Le principe est bien simple : lors de l’achat de certains produits tels que les bouteilles de jus, la bière ou les bocaux alimentaires, un petit supplément de 20 à 30 centimes est ajouté au prix. Cette somme sera intégralement restituée lorsque l’emballage sera rapporté à un point de collecte prévu à cet effet.
Quels produits sont concernés ?
Pour cette première phase, la consigne s’applique principalement aux contenants fabriqués à partir de matériaux standardisés, adaptés au lavage et à la réutilisation. Les produits inclus dans cette initiative comprennent :
- Bouteilles de bière
- Jus de fruits en verre
- Bocaux alimentaires (conserves, sauces, etc.)
Ces emballages comportent une mention “Consigné” indiquant le montant supplémentaire à payer. Une fois vidés, les consommateurs peuvent les retourner à des bornes automatiques ou à des zones de collecte situées dans les supermarchés partenaires.
Voici un aperçu de ce que ce système implique :
| Point | Détails |
|---|---|
| Régions concernées | Bretagne, Normandie, Hauts-de-France, Pays de la Loire |
| Produits concernés | Bière, jus de fruits, bocaux alimentaires |
| Montant de la consigne | 20 à 30 centimes par contenant |
| Lieu de retour | Supermarchés partenaires, bornes de collecte |
| Remboursement | Espèces, bon d’achat, crédit de fidélité |
Le remboursement est instantané, et s’effectue soit en espèces, soit sous forme de crédit en caisse ou de bon d'achat selon l'enseigne. Il est donc crucial de garder les emballages vides et propres, car leur élimination avec les déchets ménagers peut entraîner la perte de la consigne.
Un geste écologique… et économique ?
Cet retour à la consigne s'inscrit dans une démarche écologique importante, visant à :
- Réduire la production de verre neuf, coûteuse en énergie.
- Limiter les émissions de CO₂ liées à la fabrication et au recyclage.
- Allonger la durée de vie des contenants par réutilisation.
Citeo souligne que le réemploi d’une bouteille permettrait d’économiser jusqu’à 79 % de CO₂ et 75 % d’énergie, par rapport à une bottle recyclée. Au-delà des bénéfices environnementaux, ce projet entraîne un changement dans les habitudes d'achat et de consommation. Les clients devront intégrer ce nouveau système dans leur routine quotidienne.
Changements concrets pour les consommateurs
Pour les habitants des régions concernées, cette initiative modifie la relation avec les emballages. Cela introduit une logique de responsabilité, où il sera plus coûteux de jeter que de rapporter. Certains saluent cette démarche comme un retour aux bonnes pratiques d'antan, tandis que d'autres soulèvent des questions logistiques : faut-il stocker les contenants à domicile ? Comment s'organiser pour les retourner ? Que faire si les points de collecte sont saturés ?
Enfin, des interrogations persistent quant à l'équité du dispositif, en particulier pour les clients vivant en milieu rural comparé à ceux des zones urbaines. Les petits commerces seront-ils également intégrés au système ?
Une généralisation en perspective si l’expérimentation est concluante
Le gouvernement surveillera l'évolution de cette phase de test. Si les résultats sont jugés satisfaisants, une généralisation du système de consigne pourrait être envisagée dès 2026. Cette mesure fait partie de la loi AGEC, qui vise à réemployer 10 % des emballages d'ici 2027, cible que la France n'a pas encore atteinte, se situant actuellement à moins de 1 %.







