Face à une surabondance de vêtements, à la hausse des prix des carburants et à des collectes devenues non rentables, l'organisme Le Relais va limiter ses activités. En Bourgogne, plusieurs communes rurales seront directement affectées.
À Venaray-les-Laumes, Bessey-lès-Citeaux et d'autres localités de la Côte-d'Or, ainsi qu'à Saint-Nizier-sur-Arroux dans la Saône-et-Loire, certaines bornes de collecte seront scellées dans les jours à venir. Selon les responsables, cette décision est nécessaire pour pallier une crise menaçant l'organisme : la collecte va ainsi diminuer de 10 %, équivalent à 15.000 tonnes de textiles en moins chaque année, représentant environ 60 emplois en insertion.
Une filière en crise
Déjà, durant l'été 2025, Le Relais avait suspendu des collectes à cause des bornes débordantes, mettant en lumière un manque de financements. À cette époque, le gouvernement avait engagé 49 millions d'euros, un montant jugé insuffisant par Emmanuel Pilloy, président de Le Relais France. “Les comptes sont désastreux comparés aux années précédentes, mais nous avons tenu le coup”, déclare-t-il.
Les attentes de soutien financier pour 2026 ne se concrétisent pas, aggravant la situation. En effet, l'augmentation des prix du carburant due aux conflits au Moyen-Orient et l'inondation du marché par des vêtements de fast-fashion nuisent aux activités de l'organisme, qui a enregistré des pertes de trois millions d'euros en 2025.
En Bourgogne rurale, des bornes moins "rentables"!
Réduire collectes et coûts est donc devenu une nécessité. De nombreuses bornes Le Relais vont ainsi être scellées, principalement dans des zones où les volumes de textile collectés sont faibles, entraînant des trajets coûteux. Emmanuel Pilloy souligne : “Faire de longs trajets pour de faibles quantités de vêtements, ce n'est plus viable.” En moyenne, une borne génère quatre à cinq tonnes de vêtements par an, mais dans les zones les plus isolées, cette quantité peut se réduire à une tonne, assurant leur fermeture.
Bien que le nombre exact de communes touchées en Côte-d'Or et en Saône-et-Loire soit encore indéterminé, 4.000 conteneurs seront fermés à travers la France, ce qui pourrait représenter plusieurs dizaines de fermetures par département. En revanche, 17.000 conteneurs continueront leur fonction, comme le précise Emmanuel Pilloy, ce qui laisse une lueur d'espoir pour le réseau de collecte.







