L’affaire Pelicot prend une nouvelle tournure alors que Lyon est secoué par un procès mettant en lumière les violences sexuelles sous soumission chimique. Un homme, ayant des contacts avec Dominique Pelicot, est accusé d’avoir drogué et agressé sa compagne, filmant ses actes à son insu, ce qu’il conteste avec véhémence.
Le prévenu, qui exerce le métier de garde du corps, a manifestement voulu profiter de l'expérience de M. Pelicot pour endormir sa conjointe avant de l’abuser, indiquent les documents d'enquête consultés par l'agence AFP. Son avocat, Me Gabriel Versini-Bullara, nuance toutefois qu'il est crucial de déterminer l’existence de liens réels entre les deux hommes, sur la base de ces échanges complexes.
Des échanges troublants avec un condamné
Dominique Pelicot, qui purgait une peine de 20 ans pour avoir violé sa femme, ne sera pas présent aux débats, selon son avocate Béatrice Zavarro. Lors de l'instruction, l’accusé a initialement reconnu ses actes, mais a ensuite déclaré son innocence.
L’enquête, qui a débuté avec l'arrestation de Pelicot à Carpentras en septembre 2020, a mis en lumière des échanges entre lui et l’accusé sur des méthodes de drogue et d'abus envers leurs compagnes respectives.
Découvertes troublantes et préoccupantes
Ce n'est que le 13 juin 2023 que l'accusé est placé en garde à vue. Les enquêteurs ont découvert des images explicites de sa partenaire, prises à leur domicile avec une caméra cachée. Les preuves montrent que ces actes se produisaient depuis 2015, alors que la victime se souvient de « trous noirs » inexplicables durant leur relation.
Pendant un certain temps, l’accusé a tenté de justifier ses actions comme un simple « jeu sexuel ». Toutefois, les magistrats ont conclu que l’absence de consentement au cours de ces événements était indiscutable.
Des pratiques inquiétantes révélées
Les investigations ont également révélé que l'accusé conversait en ligne avec d'autres individus pour partager des conseils sur la façon de droguer sa partenaire. Cela soulève des questions alarmantes sur la négation du consentement et les dangers des comportements abusifs au sein des couples.
Par ailleurs, il a été accusé de créer de faux profils en ligne sous l'identité de sa femme sur des sites de rencontre, où il a posté des images et vidéos volées d’elle. Cette manœuvre a conduit des hommes à se rendre à son lieu de travail, croyant avoir pris rendez-vous avec elle.
En plus des accusations de viol, l’accusé fait face à des accusations supplémentaires de détention de contenu pédopornographique. Ce dernier souligne que ses actes résultent d'une curiosité déplacée. Le verdict est attendu ce vendredi, avec une peine potentielle de 20 ans de réclusion criminelle.







