La CGT Transports Alpes veut briser l'isolement des chauffeurs routiers étrangers, souvent confrontés à des conditions de travail précaires en période de congés. Pendant que de nombreux Français profitent d'un long week-end de Pentecôte, d'autres se retrouvent bloqués sur les aires d'autoroute, comme c'est le cas pour de nombreux chauffeurs de poids-lourds de plus de 7,5 tonnes qui n'ont pas le droit de circuler pendant les dimanches et jours fériés, une réglementation européenne qui semble souvent mal appliquée.
Ce dimanche 24 mai, pour remonter le moral de ces cantonnés, la CGT Transports a organisé un repas convivial sur l'aire de l'Abis, près de Chambéry. Il s'agit de la 13ème édition de la journée fraternelle des conducteurs routiers européens où le syndicat s'efforce de rencontrer et de discuter les conditions de travail de ces chauffeurs.
"On vient les soutenir et leur remonter le moral"
Kader, dynamisant la cuisine, s'active autour de la plancha : "C'est poulet et merguez, ça leur remonte le moral. On organise cela chaque année pour leur montrer qu'ils ne sont pas seuls". Avec lui, une vingtaine de membres de la CGT Transports sont également présents pour témoigner de leur solidarité.
Laurent, routier depuis plus de 40 ans, déclare : "Ce n'est pas normal qu'ils soient tous bloqués sur un parking comme ça à rien faire pendant deux jours. C'est difficile d'être loin de sa famille, surtout dans la chaleur, et de surcroît, ils sont souvent moins bien payés que leurs homologues français".
"Ça fait très plaisir, ça permet de recharger les batteries"
Ioan, un jeune conducteur roumain de 26 ans, avoue : "C'est long de rester loin de mes enfants, c'est pas évident de passer deux jours bloqué ici". Il exprime son bonheur face à cette initiative : "Ce repas, c'est une première pour moi sur une aire d'autoroute et c'est vraiment bien. Ça fait du bien de voir d'autres personnes et de rire ensemble".
Jean-Christophe, délégué CGT, renchérit : "Être seul 48 heures en plein cagnard n’est pas simple. Les aires de repos manquent de salles de détente climatisées pour permettre aux conducteurs de se reposer". De nombreux chauffeurs venant notamment d'Europe de l'Est se retrouvent ainsi à dormir dans leurs camions, souvent mal compensés par leur employeur pour ces conditions difficiles.
Antoine Fatiga, représentant CGT Transports Alpes, déplore que certains ne puissent même pas se permettre de payer un hôtel. "La réglementation européenne stipule pourtant qu'ils doivent avoir deux jours de repos à l'extérieur de leur camion, mais rares sont ceux qui en bénéficient réellement". La lutte pour des droits de travail équitables est plus pressante que jamais.







