Samir Yaker-Borde, ancien colonel de l'armée de terre, a partagé son expérience après seulement une semaine au sein de l’Éducation nationale. Recruté pour aborder des questions de prévention face à la radicalisation, il affime avoir été écarté après une intervention formative près de Lyon.
« Mal nommer un problème, c’est se condamner à ne pas trouver de solution », souligne-t-il. À l’issue de sa brève expérience, l’ex-militaire décrit une institution engorgée par la « culture du silence », refuse de discuter ouvertement des défis de la radicalisation dans les écoles. Samir Yaker-Borde, qui a servi plus de trente ans avec des missions à l’international, notamment en Afghanistan, admet avoir été poussé vers la sortie après avoir partagé son analyse de la radicalisation et du principe de laïcité au sein des établissements scolaires, selon un report de Le Progrès.
Une intervention controversée
Réengagé comme conseiller technique dans l’académie de Lyon, Yaker-Borde a pris ses fonctions en décembre 2025. Lors d'une formation au Collège Maryse-Bastié à Décines-Charpieu, il a noté que les discussions étaient souvent trop théoriques. En prenant la parole « en son nom personnel », il a abordé des réalités concrètes telles que des revendications religieuses et des tensions durant le ramadan, qui ont été rencontrées dans plusieurs établissements.
Des soutiens et des critiques
Des chefs d’établissement ont remercié Yaker-Borde, affirmant vivre « exactement » les situations qu'il a décrites. Cependant, certains ont considéré ses propos comme stigmatisants pour la communauté musulmane. Deux jours après son intervention, le colonel a été convoqué par la direction de la rectrice, qui lui a reproché d’avoir dépassé son rôle et d’avoir engagé l’institution par ses commentaires. Finalement, il a décidé de démissionner pour sauvegarder sa « dignité professionnelle ».
Avisant plusieurs institutions, y compris l’Élysée et le ministère de l’Éducation nationale, Yaker-Borde a exprimé ses préoccupations. Contacté par Le Progrès, le rectorat de Lyon a décliné de commenter, affirmant que l'ancien colonel a choisi de démissionner de son propre chef.







