Une situation qui remet en question la gestion des enjeux sensibles au sein de l’éducation nationale. Samir Yaker-Borde, ancien colonel de l’armée de terre, a été recruté par l’académie de Lyon pour des missions de prévention et de sécurité. Bien que sa prise de fonction ait eu lieu le 2 février 2026, il a quitté son poste une semaine plus tard, après avoir partagé des réflexions sur la radicalisation.
D'après Le Progrès, l'ancien militaire, par son expérience au sein des forces armées, avait participé à une réunion le 4 février à Décines-Charpieu, où il a constaté un manque de prise en compte des problèmes concrets au quotidien des établissements scolaires.
Les échanges, jugés trop théoriques par Yaker-Borde, l’ont poussé à prendre la parole. Il a voulu aider les chefs d'établissement à mieux appréhender les réalités des tensions liées aux revendications religieuses, notamment autour du mois de Ramadan et des enjeux de la laïcité. Il a déclaré : "Mal nommer un problème, c’est se condamner à ne pas trouver de solution".
Une critique de la culture du « pas de vague »
Selon lui, de nombreux chefs d’établissement se sont montrés reconnaissants de ses propos, affirmant : "C’est exactement ce qu’on vit". Cependant, un participant a exprimé des inquiétudes quant à l’éventuelle stigmatisation des musulmans par ses déclarations. Deux jours après, une convocation à rencontrer la directrice de cabinet de la rectrice l’a mis en alerte, où il a été reproché d’être sorti de son rôle.
Le 9 février, Yaker-Borde a reçu un avis de fin de sa période probatoire. Il a finalement décidé de quitter son poste, craignant pour sa "dignité professionnelle". L’ancien colonel a depuis avisé plusieurs instances, dont la présidence de la République et le ministère de l'Éducation nationale, des implications de la culture du silence, qu'il juge néfaste.
Le rectorat de Lyon a, pour sa part, choisi de ne pas commenter la situation spécifique tout en précisant que le départ de Yaker-Borde était une décision de sa part. L'ex-colonel appelle à davantage de transparence dans les discussions autour de la radicalisation, de la laïcité et des revendications religieuses, des sujets qu’il estime difficiles à aborder frontalement dans le système éducatif actuel.







