Dans le cadre de sa campagne municipale à Bordeaux, Nordine Raymond, ancien candidat des Insoumis, a été la cible d'une campagne de harcèlement d'une virulence inouïe. Plus de 10 000 messages haineux, comprenant des injures et des menaces de mort, ont inondé les réseaux sociaux à son égard. Face à cette déferlante, il a décidé de saisir la justice.
L’élection récente de Bally Bagayoko à Saint-Denis, un autre ex-candidat victime de racisme, a été un déclencheur pour Raymond, qui s’est exprimé sur ces attaques dans un entretien accordé à l’Humanité. Selon lui, la haine qu’il a reçue provient de son prénom d'origine arabo-musulmane et de ses origines mixtes, ce qui semble choquer une partie de la population.
« Je m’appelle Nordine Raymond : un prénom arabo-musulman et un nom typiquement français. J’ai une mère franco-italienne et un père marocain. Beaucoup ne le supportent pas », a-t-il expliqué. Le harcèlement a commencé dès l’annonce de sa candidature, alors qu’il appelait à construire un Bordeaux inclusif, où chacun aurait accès à la logement, à la nourriture et aux loisirs, tout en plaçant la lutte contre le racisme au cœur de son discours.
Réaction face à la haine
Ses publications ont suscité un déluge de commentaires haineux, certains d'une violence insupportable. Des internautes ont exprimé leur refus de voir des personnes comme lui se présenter aux élections, allant même jusqu'à des propos appelant à la violence et à la peur à son encontre.
« Comprenez bien qu’on ait peur que vous égorgiez nos enfants, » témoigne-t-il des menaces reçues. Dans un environnement où son local de campagne a été vandalisé par des militants d’extrême droite, Raymond raconte que sa sécurité était constamment menacée tout au long de sa campagne.
Au total, plus de 10 000 messages injurieux et racistes ont été recensés. Ce mardi, Nordine Raymond a déposé une plainte pour injures racistes, harcèlement et menaces de mort. Il a aussi exprimé son souhait que toute compensation financière résultant de cette plainte soit reversée à l'association SOS Méditerranée, soulignant ainsi son engagement humanitaire : « J’aime bien l’idée que l’argent des racistes serve à des personnes qui sauvent les migrants, » a-t-il conclu.







