Le procès du député Insoumis Sébastien Delogu, prévu pour ce mardi, a été reporté au 21 octobre. Cette décision a été prise suite à une requête de l'élu, qui est accusé d'avoir diffusé des documents personnels d'un entrepreneur en lien avec Israël via les réseaux sociaux.
Sébastien Delogu, âgé de 39 ans, n'était pas présent à l'audience au tribunal correctionnel de Marseille. Le tribunal a jugé la demande de renvoi justifiée, considérant le retard pris dans la convocation des parties, qui n'a eu lieu qu'en mai.
L'avocat de M. Delogu, Me Yones Taguelmint, a souligné le manque de temps pour préparer la défense. Ce dernier a évoqué des procédures parallèles que son client devait gérer, compliquant la situation. D'après des sources judiciaires, l'affaire ne cesse d'évoluer.
En parallèle, M. Delogu a porté plainte fin mai pour insultes et menaces de mort contre une personne ayant critiqué ses positions pro-palestiniennes, une enquête ayant été ouverte par le parquet de Marseille.
Le député sera également entendu le 7 juillet dans une autre affaire, cette fois-ci liée au harcèlement en ligne.
Me Taguelmint a insisté sur le fait qu'il n'y avait pas de manœuvre derrière cette demande de report, affirmant que M. Delogu avait la volonté d'assister à son procès. Il a également souligné la possibilité d'invoquer l'immunité parlementaire, mais a choisi de suivre la procédure judiciaire.
L'élu, connu pour ses positions en faveur de la Palestine, a déjà été condamné pour des violences aggravées envers des cadres de l'Éducation nationale lors d'un blocus lycéen à Marseille en 2023.
Pour les faits jugés en octobre, M. Delogu encourt jusqu'à cinq ans de prison et 750 000 euros d'amende. En outre, il pourrait faire face à une peine d'inéligibilité. Les accusations portent sur le recel de biens volés et la diffusion d'informations personnelles mettant en danger la sécurité d'autrui.
Les événements controversés remontent au 19 septembre 2024, en pleine crise sociale au sein de l'entreprise Laser Propreté, chargée de l'entretien de la gare Saint-Charles et des transports marseillais. Les employés manifestaient pour obtenir le paiement intégral de leurs salaires.
Isidore Aragones, le dirigeant de l'entreprise et ancien président du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) à Marseille, a signalé le vol d'une pochette contenant des documents privés, incluant son passeport.
Cinq jours plus tard, Delogu a partagé sur ses réseaux sociaux des fac-similés de ces documents, critiquant Aragones pour ses liens avec Israël et ses projets financiers. Des sources ont rapporté que Delogu a évoqué des voyages de M. Aragones au Brésil et en Israël, ainsi que des travaux dans une résidence secondaire.
Contacté par l'AFP, M. Aragones a exprimé son désir de justice, ayant été la cible de harcèlements et de menaces depuis la diffusion des documents. "Je vis dans la peur depuis cet incident", a-t-il déclaré.







