Au Kenya, l’édification d’un centre de quarantaine destiné aux Américains potentiellement exposés au virus Ebola soulève de vives tensions. Ce projet controversé, envisagé dans un pays qui n’a jamais été touché par cette maladie, a provoqué une colère croissante parmi la population. Recueillant des centaines de manifestants à Nanyuki, les tensions ont atteint leur paroxysme lorsque des affrontements avec les forces de l'ordre ont éclaté mardi dernier.
Les événements ont pris une tournure tragique lorsqu'un homme a été gravement blessé à la tête par balle. Des témoins ont rapporté avoir entendu des tirs et ont vu le blessé, gisant sans mouvement, transporté sans ménagement par la police kenyane. Les forces de sécurité du pays font régulièrement l'objet de critiques pour leur gestion des manifestants. Dans ce contexte, certaines informations laissent entendre que la victime pourrait avoir succombé à ses blessures.
Alors que l’épidémie d’Ebola continue de progresser en République démocratique du Congo (RDC), le gouvernement kényan, sous la direction du président William Ruto, se heurte à une opposition féroce. L’épidémie, qui a débuté le 15 mai dernier, a conduit l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à recenser près de 550 cas en RDC, avec un bilan tragique de 101 décès. Les répercussions se font également sentir en Ouganda, avec dix-neuf cas rapportés, dont deux mortels.
Alors que le gouvernement met en avant les bénéfices d'un soutien financier américain de 13,5 millions de dollars pour la lutte contre Ebola, le projet a été suspendu temporairement par la justice kenyane, soulevant la question de l'équilibre entre sécurité et droits des citoyens. « Nous n’avons pas besoin de ce centre, ils apportent un virus chez nous », s’insurge Zipporah, une manifestante qui dénonce une prise de risque inutile pour la santé publique.
Les enjeux financiers et sanitaires
Malgré une décision judiciaire qui ordonne la suspension du projet, Ruto a affirmé que son gouvernement est déterminé à poursuivre sa mise en œuvre, en raison des obligations envers Washington et de la nécessité de protéger la population. Ce projet soulève non seulement des inquiétudes sanitaires mais aussi des interrogations sur la gestion des crises dans les pays en développement.







