"Protège au moins ton fils" : c'est ce qu'ont imploré ses filles en plein tribunal. Lors de ce deuxième jour d'audience, l'atmosphère était lourde de tensions et de révélations troublantes. Laura, une "fille non reconnue" de l'accusé, a pris la parole pour évoquer son enfance marquée par des abus sexuels au sein d'une famille plongée dans la polygamie.
Les faits sont glaçants : elle raconte avoir été contrainte, jeune, à des actes sexuels par un cousin et évoque les abus de sa demi-sœur Brenda, subis par un des frères de Jérôme, Dylan.
"Tu ne nous as pas protégées"
"Tu ne nous as pas protégées", a lancé Laura à son père, avant de fondre en larmes. La présidente du tribunal, visiblement touchée, lui a demandé : "Étiez-vous conscient de cela ?" Jérôme P., qui est resté stoïque jusqu'à ce moment-là, ne pouvait que secouer la tête, balbutiant un "non" avant de s'effondrer sous le poids de la réalité.
Brenda, depuis le banc des parties civiles, a également supplié son père de "protéger au moins ton fils". Ce dernier, âgé de 16 ans, a été placé chez ses grands-parents après la fuite de sa mère en 2022. Mais selon Laura, sa grand-mère ne peut pas garantir la sécurité de l'adolescent.
Ce procès, qui se poursuit jusqu'à jeudi, vise à établir la culpabilité de Jérôme P., qui fait face à des accusations de viols sur Jennifer C., avec qui il a eu trois enfants, et d'agressions sur d'autres membres de la famille. L'affaire est d'autant plus complexe qu'elle révèle une dynamique familiale trouble, où plusieurs membres sont impliqués dans des accusations similaires.
Des cas d'abus qui remettent en question la structure familiale
Au fur et à mesure que le procès progresse, des allusions à d'autres abus au sein de la famille émergent. En dehors de Dylan, deux autres frères de Jérôme ont également été mis en cause dans des affaires de viol. La situation familiale est décrite par certains comme celle d'une "secte", où les rapports malsains semblent faire partie d'une norme tragique.
Laura a aussi déclaré, d'une voix tremblante : "Mon père, il n'est pas qu'un monstre. Il était parfois présent et soutenant, mais derrière cela, il y avait un contrôle abusif". À ses yeux, ce mélange d'affection et de peur a clairement façonné leur réalité familiale.
Dans ce drame familial, la résilience des femmes semble se heurter à des systèmes qui, selon Jennifer C., ont fonctionné comme une emprise : "J'ai été sous son emprise pendant 26 ans", a-t-elle avoué, affirmant qu’il était temps que les autres membres de la famille réalisent la gravité de leur situation.
Avec de telles accusations et des témoignages poignants, le procès de Jérôme P. met en lumière les répercussions dévastatrices de la violence domestique et de la polygamie sur les familles, révélant bien plus qu'une simple affaire criminelle.







