L'organisation de collecte, recyclage et revente de vêtements Le Relais entre dans une phase critique. À l'échelle nationale, l'entreprise prévoit la fermeture de 20 % de ses 20 500 conteneurs. En parallèle, 10 % de ses contrats d'insertion ne seront pas renouvelés. En Indre-et-Loire, cette situation se traduit par la réduction des effectifs, affectant trois des quinze salariés ainsi que la suppression d'une quinzaine de conteneurs sur les 360 présents dans le département.
Les causes de cette tourmente sont nombreuses. Selon Emmanuel Pilloy, président de Le Relais France, l'augmentation des coûts du carburant rend les collectes de vêtements de plus en plus onéreuses, tandis que l'essor de la fast-fashion complique le recyclage. "Il y a dix ans, les vêtements avaient une meilleure qualité et une durée de vie plus longue, ce qui augmentait leur valeur lors de la revente. Aujourd'hui, de nombreux articles, souvent en synthétique, se recyclent mal et coûtent cher à se débarrasser. Nous faisons face à des frais à tous les stades : collecte, tri et séparation," a-t-il déclaré.
Emmanuel Pilloy a également souligné que la fast-fashion affecte directement les revenus générés par la revente. "Un article vendu neuf à 20 € peut être revendu à 4 € en seconde main. Si un vêtement neuf ne coûte que 3 €, sa valeur de revente chute à 0,50 €. Cela réduit donc considérablement la rentabilité de notre activité de réemploi," expliqua-t-il.
Ces difficultés ne sont pas isolées. D'autres acteurs du secteur partagent des préoccupations similaires face à une concurrence accrue et à une diminution de la valeur des vêtements d'occasion, comme le souligne une enquête récente de France 3. La nécessité de repenser le modèle économique devient donc urgente.







