Dans un contexte où la nécessité de quitter les combustibles fossiles est de plus en plus pressante, Chris Bowen, président des discussions sur le climat à la COP31, préconise d'envoyer un « signal fort » sur cette nécessité. Pourtant, en dépit de la guerre en Iran et des pressions exercées sur le détroit d'Ormuz, la demande pour le secteur pétrolier demeure robuste. Le blocage du détroit n'a pas freiné les activités des armateurs, bien au contraire. En effet, la montée des prix du brut représente une opportunité en or.
Actuellement, l'industrie maritime pétrolière connaît une frénésie de commandes sans précédent. Selon Bloomberg, 262 VLCC (Very Large Crude Carriers) sont en commande, dépassant ainsi le précédent record établi en 2008. Chacun de ces géants des mers peut transporter jusqu'à deux millions de barils de pétrole brut.
Ce phénomène s'inscrit dans un cadre de rentabilité particulièrement apprécié par les armateurs. Les tensions au Moyen-Orient bouleversent les flux pétroliers mondiaux et augmentent les taux de fret à des niveaux rarement atteints, dépassant parfois les centaines de milliers de dollars par jour. Lors du récent salon Posidonia à Athènes, les professionnels du secteur ont exprimé leur satisfaction tout en soulevant des préoccupations quant aux effets à long terme de cette bulle de commandes.
Une dynamique favorable mais préoccupante
Certains experts s'interrogent sur la durabilité de cette croissance. Si les tensions ont boosté les revenus, elles ont également freiné certains flux commerciaux. Un blocage prolongé du détroit d'Ormuz pourrait influencer négativement les volumes transportés à long terme. Selon George Economou, fondateur du groupe TMS, « la situation est temporairement meilleure » qu’au moment du boom de 2004-2008.
Un financement abondant
Les armateurs bénéficient également d'importantes liquidités grâce à une forte activité sur le marché de l'occasion. La compagnie sud-coréenne Sinokor, en partenariat avec MSC, a récemment acquis plusieurs navires à des prix élevés, permettant ainsi de renforcer leur trésorerie. Les prix d'un superpétrolier d’occasion dépassent aujourd'hui 115 millions de dollars, un record depuis 2008.
Malgré cela, l'âge moyen des superpétroliers est atteint des sommets, ce qui pousse les armateurs à envisager un renouvellement pour maintenir la compétitivité de leur flotte. La situation actuelle, bien que prospère, attire des comparaisons préoccupantes avec la crise de 2008, incitant à rester vigilant.







