Lors de la réunion publique du conseil municipal, le maire de Saint-Pée-sur-Nivelle, Christophe Jaureguy, a annoncé qu'il pourrait annuler la convention signée avec l'Aquazone si un compromis n'était pas atteint d'ici la fin de la semaine. Cette décision fait suite à une lettre du préfet, qui remet en question la légalité du projet d'Aquazone en raison de préoccupations environnementales, notamment la proximité d'un site Natura 2000.
Cette nouvelle avait été attendue avec impatience, et a été officialisée lors de la séance d'hier soir, en présence d'une communauté d'habitants et d'élus. Le maire a révélé que la préfecture avait adressé un recours le 14 avril, demandant de rompre la convention conclue le 20 février 2026 entre l'ancienne municipalité et la société KHA2, qui supervise le projet d'Aquazone. Celui-ci comprend des installations comme une structure gonflable sur le lac, un snack, un mini-golf, et un village gonflable. Selon le préfet, ces projets souffrent de complications au vu des lois environnementales présentes.
"Nous devons dénoncer cette convention sinon un contentieux pourrait s'engager avec l'État," a précisé le maire devant le conseil. Cela place dans une situation difficile les acteurs locaux concernés.
Une nouvelle proposition rejetée par Aquazone
Malgré ces tensions, le maire soutient avoir exploré des solutions de compromis. Après de nombreuses discussions, une proposition a été mise sur la table par la commune, visant à maintenir l'activité d'Aquazone tout en prenant en compte les recommandations de l'État. Cette proposition incluait le retour de la structure gonflable à son emplacement d'origine, et la sécurisation bénéfique de l'exploitation pour une durée de dix ans, avec compensation des investissements sur les locaux communaux.
En contrepartie, la mairie a demandé l'abandon d'autres projets, tels que le snack et le mini-golf, tout en souhaitant rendre les locaux à l'association de kayak. "On leur propose de rester avec nous pour dix ans, tous les investissements réalisés seront honorés," a soutenu Jaureguy. Cependant, le 29 mai, KHA2 a rejeté ces discussions, visant à maintenir la convention initiale.
L'Aquazone craint pour son avenir
Ce rejet inquiète Henri Charlet, le gérant de l'Aquazone, qui dépeint une "prise d'otage" de la mairie. "Nous remettons en question notre survie et celle de nos 29 employés," a-t-il déclaré après la réunion. Il évoque aussi un impact économique important, avec près de 300 emplois saisonniers prévus grâce au développement de l'Aquazone. Charlet insiste sur les 500 000 euros investis dans le projet et met en avant les crédits générés pour la commune via une redevance de 45 000 euros par an. Il considère également qu'un retour à l'ancien emplacement serait risqué, notamment pour la sécurité des usagers.
L'étude environnementale au cœur du désaccord
Un autre point de discorde concerne l'évaluation environnementale. Aquazone a affirmé avoir réalisé une étude sur la zone Natura 2000, affirmant qu'elle a conclu à l'absence d'impact significatif sur l'environnement. "On l'a fait et nous avons eu un retour très positif," a indiqué Charlet. Cependant, pour la municipalité, cette étude ne répond pas à l'ensemble des problématiques soulevées, incluant des questions d'urbanisme et d'occupation du domaine public.
Une semaine pour trouver une issue
Le dossier entre maintenant dans une phase critique. Juareguy laisse encore quelques jours à Aquazone pour accepter la dernière proposition de la ville. Dans le cas contraire, la mairie envisage de dénoncer officiellement la convention pour motif d'intérêt général. Notons toutefois qu'une telle dénonciation nécessiterait un délai de six mois avant les effets attendus. Pendant ce temps, Aquazone prévoit de débuter ses activités le 27 juin, mettant en lumière l'urgence d'une résolution.







